La BCE consolide les fondations d’un euro digital

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L’argent est un organe du monde et le coronavirus un accélérateur en matière de modification des moyens de paiements. A commencé par la recommandation de l’european banking authority (EBA) sur les plafonds de paiement sans contact qui aussitôt dit aussitôt fait ont été relevé à 50€ depuis le 11 mai 2020 en France  to contribute to measures that limit the spread of COVID-19 dixit EBA.

Mais pas seulement car quitte à jouer sur les deux tableaux et malgré que des mots très dures ont pu être plaquées sur les cryptoactifs, voici que Christine Lagarde, présidente de l’european central bank amorce la mise en place d’un e-euro.

Une collaboration Européenne à l’image du début

Dans le digital euro and transformation of payments est précisé que 80% des banques centrales poursuivent leurs travaux sur le Central Bank Digital currency (CBDCs). Ce qui se traduit par des travaux en cours sur des monnaies numériques utilisant des tokens grâce à la blockchain pour représenter la monnaie officielle d’un pays.

Une monnaie centralisée et réglementée par l’autorité monétaire d’un pays qui est contraire aux projets cryptoactifs décentralisés du père Bitcoin. Pour qui, le terreau originel était la mise en place d’une société sans intermédiaires financiers. A base de transactions automatiquement gérées par des algorithmes cryptés dont les cours suivraient la loi de l’offre et de la demande et éviterait des ingérences financières comme celle subies lors des Subprimes en 2008.

Tuer dans l’œuf, les CBDCs et plus proche de nous l’e-euro auront d’autres objectifs. A commencé par, selon report on a digital euro des caractéristiques de portefeuilles en ligne/hors ligne mais aussi une normalisation des mécanismes de transferts entre utilisateurs sur l’ensemble de la zone euro.

Des options de conceptions où infrastructures sous-jacentes fourniraient l’euro numérique comme il l’existe déjà mais avec cette fois avec une remontée intégrale et non-biaisées des transactions à la BCE grâce à la blockchain. Qui cette fois s’assurera pour notre bien commun, d’une meilleure protection contre les risques de création d’unité numérique. Une mission qui constituerait un défi presque de l’impossible dans cette version mais qui s’apparente étrangement à celle de nos camarades Chinois.

Suivre les pas des premiers de cordée : La Chine

Pour ce qui est de la photo de famille, elle est réussie pour la Chine ! Devenue pionnière dans le développement d’une Central Bank Digital currency (CBDCs) avec son Digital Currency/Electronic Payment (DC/EP).

Selon investopedia, il s’agit d’une monnaie adossée à des dépôts de yuans et en développement depuis un peu plus de cinq ans. En vertu de l’accord actuel, les banques sont tenues de convertir une partie de leurs avoirs en yuans sous forme numérique et de les distribuer aux entreprises et aux citoyens via la technologie mobile.

Un projet porté par la People’s Bank of China qui achève des essais et des déploiements offline payment service sur ses principales plateformes de commerce électronique du pays en partenariat avec des géants nationaux de la téléphonie. A base de technologie QR Code hors-ligne, les jeux olympiques d’hiver organisés à Pékin en 2022 en seront la vitrine.  

De la théorie à la pratique il n’y a qu’un pas mais si le yuan numérique fonctionne en dehors des infrastructures financières existantes et gagne du terrain sur la scène internationale, il pourrait saper la domination du dollar américain sur les systèmes de paiement mondiaux. Une condition sine qua non d’une relance de dé géopolitique ?

La France fait vœux de discrétion (enfin presque)

Le discours de François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France à Singapore Fintech Festival le 8 décembre 2020 à Paris est une mise en bouche en matière d’implication « Française » sur l’e-euro.

La métaphore du cochon (cybersécurité), de la grenouille (concurrence et politique anti-trust) et de l’éléphant (mémoire) résume parfaitement les enjeux à venir, ajoutez :  

Nous pourrions devenir dépendants d’une poignée d’acteurs privés à l’échelle mondiale – à commencer par les principaux systèmes internationaux de paiement par carte et, de plus en plus, les Bigtechs – avec peu de contrôle sur la continuité des activités et la protection des données. […] 

François Villeroy De Galhau

Et vous retrouvez la traduction d’un sentiment d’urgence qui a déjà incité des actions collectives comme :

  • L’accélération européenne sur la monnaie numérique de banque centrale (MNBC) avec dans la liste des candidatures retenues la sélection de la blockchain Tezos (XTZ) par la Société générale (filiale Forge) pour héberger les phases tests du projet ou encore ;
  • Une mobilisation européenne en faveur des infrastructures privées pour les paiements : l’European Payments Initiative (EPI).

A côté de ces « avancées » l’Europe a ouvert les vannes avec des messages clés dans son Report on a digital euro en mettant à l’écrit une série de 7 scénarios futurs pour la mise en place d’un central bank digital currency (CBDCs) uniformisé. Parmi lesquels, en réponse au déclin de l’argent liquide comme moyen de paiement l’Eurosystème pourrait introduire un euro digital en supplément des formes de paiements préexistants.

Or dans cette version, appuyée par l’enquête sur les monnaies numériques bancaires les CDBCs provoqueraient à terme la disparition du cash ainsi que des leviers d’actions supplémentaires sur les politiques monétaires.

Un recul en matière de préférence exprimée des moyens de paiements des Français qui est encore en 2019, selon l’enquête SPACE : l’espèce pour 59% des Français. (73% zone euro)

Pour résumer

Le moment est venu de prendre les grands moyens, et l’Europe avancera quoi qu’il en coûte. En matière de fiscalité les dés sont jetés pour les Gaulois car ces nouvelles classes d’actifs – en l’occurrence les cryptoactifs – seront assujettis à la flat-tax. Pour ce qui est des stable coins, l’avenir nous le dira.

La prochaine étape sera la coopération européenne pour une fiscalité transparente, puis surtout pour appeler de ses vœux à terme, un traçage de chacune des opérations réalisées au sein de la zone européenne via l’e-euro.